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Autisme + accouchement: à domicile ?

  • Photo du rédacteur: Wangmo
    Wangmo
  • il y a 2 jours
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 4 heures

Mon expérience SENSORIELLE, COGNITIVE ET RELATIONNELLE.


J'ai eu la chance de vivre


deux accouchements,


totalement différents.



Avec le recul,

je réalise que l'un fut "Aspiefriendly",

c'est à dire autistiquement bienveillant,

quand l'autre fut l'inverse.


(Même si je dois préciser que BB1

a été la grande JOIE

et le grand CADEAU de ma vie :-) )


L'un a été respectant, en totalité,

de mes autistes besoins,

quand l'autre a été

particulièrement intolérant,

quant à mes particularités autistiques.


Et ceci tant sur le plan

environnementalo-sensoriel,

que dans le côté

anticipation-socialisation,

avec le besoin de routines-habituelles

/non changeantes.


PREMIER ACCOUCHEMENT: EN MATERNITÉ

Malgré toutes mes demandes, 

et mes recherches

(à l'époque, internet


n'était pas démocratisé


comme maintenant,


avec un accès,


illimité H24,


à l'information);

ma sage-femme, et mes gynécos, locaux, m'ont toujours dit: "Impossible, cela n'existe pas, personne ne fait cela!" me répondait-on, lorsque je demandais des solutions, pour un accouchement, non seulement sans violence pour le bébé (type méthode Leboyer), mais aussi respectueux, physiologiquement, de la maman, plutôt naturel, BIO.


Le résultat a été une absolue

NON-adaption

de l'équipe médicale à mes spécificités,

un total NON-respect,

et un immense déni,

de toutes mes demandes.

J'avais demandé

moins de lumières fortes,

on m'a dit NON.

Moins de passage du personnel

autour de moi, NON.

Moins de gens à me toucher,

m'examiner comme une usine, NON.

La présence de MA sage-femme,

connue,

et de MON (dernier) gynécologue,

connu de moi, NON.

Etc etc etc: NON NON et NON !

"Madame,

c'est vous qui allez vous adapter

au service public hospitalier,

on ne fera AUCUN EFFORT

adaptatif différent pour vous!"


RÉSULTAT :

lorsque BB1 était près à sortir, la sage-femme hospitalière de garde m'a dit: "Retenez ce BB, car j'ai une autre femme, qui pousse plus fort que vous, dans le couloir, donc attendez". Trois heures. 3 !

Lorsqu'enfin, on m'a autorisée à pousser, pour donner la vie à BB1, que BB1 a enfin eu le droit de naître,  il a fallu nous laisser ensuite, avec BB1, dans un sas, car il n'y avait plus de chambres libres. Bonjour l'angoisse de l'imprévu-imprévisible. L'hôpital a alors mis en route le plan B, dont je n'avais, évidemment, PAS été prévenue, et nous voilà en ambulance, transportées, maman et BB1, dans une clinique privée, qui avait encore un lit disponible.

{Et pour la suite de la petite histoire vraie, l'autre femme, celle qui poussait plus fort que moi dans le couloir, a aussi été transférée dans la clinique pour manque de place...

Dans la même chambre que moi   ;-)  Et ce n'est pas une blague ! }


Tout cela envers une femme (moi) qui a:

- un besoin d'anticipation de l'imprévu,

- une rigidité mentale,

avec un manque de flexibilité cognitive,

dus à son autisme

et son cerveau neuro-divergent,

avec parfois des fonctions exécutives

qui peuvent dysfonctionner,

-  des hypersensibilités:

sensorielles, acoustiques, tactiles,  etc...

- et plus encore des difficultés

de communication,

lorsque le dialogue n'a pas été anticipé,

ni préparé en amont.

MERCI.


Ceux qui me lisent,

et qui connaissent l'autisme de l'intérieur, comprennent,

sans que je détaille plus.


Ceux qui cherchent à comprendre

et connaître l'autisme

auraient peut-être besoin de plus d'explications...


Mais,

en résumé,

pour les connaisseurs

ET les non-initiés,


il suffit de dire que ce qui est décrit, ci-dessus, est une expérience qui ne facilite PAS le vécu ante/et péri-natal d'une primo-parturiente, et qui augmente, et amplifie la fatigue d'une personne, autistiquement déjà fatigable à la base...



DEUXIÈME ACCOUCHEMENT: A DOMICILE !

Forte de cette première expérience

fort désagréable,

dans le contact-sans-dialogue

avec le monde médical

et le pouvoir-absolu-gynécologique

omnipotententiellement masculin

des services de maternité,

j'ai continué à chercher...


Ailleurs.

Autrement.


Voici le TÉMOIGNAGE

de mon deuxième accouchement qui,

à mon sens, a été parfaitement respectueux

de ma condition autiste

avec toutes les particularités

qui y sont afférentes.


Ce n'est que le récit de mon vécu,

de mon expérience de vie.


Donner la vie,

une deuxième fois,

dans des conditions totalement différentes,

a été un grand bonheur.


Des conditions respectueuses

de ma condition, 

du neuro-développement,

différent, qui m'habite.


Ce qui est important pour moi,

au travers de mon histoire de vie,


c'est de montrer que,

comme il y a aujourd'hui

des Universités Atypies-friendly,

il y aura peut-être un jour

des services de maternités Atypies-friendly,

qui seront respectueux

d'autistes-besoins-féminins.


Je ne cherche donc

pas à faire l'apologie

de la naissance à la maison,

mais à montrer

comment des choses SIMPLES

peuvent FACILITER

le vécu de l'enfantement.


Mon propos

n'est donc pas de généraliser

mon expérience,


mais de signaler,

INFORMER

que certaines conditions

dans L'ENVIRONNEMENT

de la naissance,

peuvent être PROPOSÉES,

pour aider,

et soulager,

l'expérience de l'engendrement

pour les femmes atypiques.


De même qu'aujourd'hui,

il est préconisé

depuis longtemps

de prendre en compte

les besoins des EBEP:

les élèves

à besoins éducatifs particuliers,

dans l’Éducation Nationale;

il est possible que peu à peu,

le monde médical

adapte certaines pratiques,

aux besoins des femmes autistes.



COMMENT

MON ACCOUCHEMENT

A DOMICILE

A ÉTÉ RESPECTUEUX

DE MES AUTISTES BESOINS:

1. communication,

2. routines et intérêt spécifique

3. + sensoriel.


  1. COMMUNICATION

Dans le côté dyade autistique,

selon le DSM-5*,

« déficit persistant de la communication

et des INTERACTIONS SOCIALES

observés dans les contextes variés »

- NIVEAU SOCIO-COMMUNICATIONNEL

D'abord ma perle rare,

une sage-femme

qui fait des accouchement à domicile.

Elle m'a toujours écoutée, elle a toujours pris énormément de TEMPS pour répondre, avec compétence, à CHACUNE de mes questions. Pendant toute ma grossesse, elle a toujours accepté que je ne sois pas certaine de choisir d'accoucher à la maison, étant prête à m'accompagner durant/et au cours des neufs mois, sans jamais me forcer, ni dans un sens (hospitalier) ou dans l'autre (naturel), et quitte à ce que je choisisse, in fine, le milieu médical. Sauf à me prévenir, que si des raisons médicales avec des risques se présentaient, tout se déroulerait, obligatoirement, en service hospitalier.

- NIVEAU INFORMATIONNEL: INTÉRÊT SPÉCIFIQUE

Cette professionnelle a passé plusieurs rendez-vous sur plusieurs mois, plus d'une douzaine, à nous expliquer toujours EN COUPLE, tableaux et fiches anatomiques à l'appui, le processus physiologique eutocique (normal) naturel de l'accouchement. Des rencontres d'une heure à une heure et demie, à chaque fois.


C'est même devenu

mon intérêt spécifique

du moment.


Beaucoup plus intéressant

que les cours

(en groupe

=  l'horreur pour autistes, généralement)

de ma première sage-femme,

qui en plus n'était même pas présente à mon accouchement 1.


J'ai ainsi appris,

intellectuellement, énormément,

à connaître mon CORPS avec elle,

ma sage-femme

d'accouchement à la maison,

accompagnée

et épaulée par mon mari.


Elle ne m'a jamais infantilisée,

au contraire,

elle m'a permis de me déployer.

Avec le soutien inconditionnel

de mon mari, aussi,

hyper investi, soutenant et présent.



2. LES ROUTINES ET INTÉRÊTS SPÉCIFIQUES

Dans le côté dyade autistique, selon le DSM-5*

<< caractère restreint et répétitif des comportements, des intérêts ou des activités>>

NIVEAU ROUTINIER VERSUS IMPRÉVUS

Avec la sage-femme pour le domicile, nous avons envisagé tous les plans possibles, A,B,C et même D et plus... Du meilleur au pire. Du déroulement naturel à la fin pathologique/ distocique, de la maison à la nécessité de partir en urgence pour l'hôpital.


Tout était prévu, et possible.


Pas de surprises qui m'auraient prises par surprises

sans être auparavant prévenue

de leur possible survenue.


Il faut savoir

que lorsque l'on se prépare

à un accouchement à la maison,

qu'on espère eutocique donc normal,

on prépare,

forcément et obligatoirement,

l'accouchement à hôpital, parallèle,

s'il est distocique, pathologique.

Parce que l'on ne peut pas toujours

prévoir que tout se passera

comme prévu.


Donc ma deuxième sage-femme m'a bien aidée, pour envisager tous les cas de figures, et même jusqu'à ce que j'accepte aussi, si la nécessité se présentait, de partir en hôpital pour des soins qui s'avèreraient nécessaire.


Elle m'a bien aidée,

avec ma rigidité mentale,

à conceptualiser un futur accouchement

avec une marge de flexibilité:

maison,

ou peut-être hôpital,

ou encore commencement

du travail à la maison,

puis finalisation en hôpital, etc...



  1. + NIVEAU SENSORIEL: HYPERSENSIBILITÉS

Chez moi:

DEUX personnes

présentes:

mon MARI,

super coach

et briefé

par la SAGE-FEMME,

et elle.

Mes deux personnes de confiance.


PAS DE GENS:

PERSONNEL OU SOIGNANTS, partout

= PAS DE CONVERSATIONS futiles !


PAS DE PASSAGE, pas de va-et-vient.


PAS DE SOCIALISATION forcée/imposée,

ET NON CONSENTIE.


PAS DE VISITES à ma demande.


[Et je me suis rendue chez un pédiatre, 


à la demande de la sage-femme,


après la naissance,


afin de refaire tous les tests


qu'elle avait déjà fait   :-)))


pour confirmer que tout allait bien


pour BB: ce qui était bien le cas]



Mes 5 sens

1. Son: PAS DE BRUITS.


2. Vue: PAS DE LUMIÈRES trop fortes.


3. Odorat: PAS D'ODEURS HOSPITALIÈRES.


4. Toucher:

PAS DE GESTES MÉDICAUX NON EXPLIQUÉS !


5. Goût : ma nourriture HABITUELLE

que je connais selon les critères que j'apprécie

et surtout aux horaires qui me conviennent.


+ Les émotions:

#Tous mes REPÈRES:

une sécurité absolue.

#Tranquillité d'esprit

d'être dans son chez soi,

son COCON, sa BULLE.

#Besoin de contrôle respecté:

couleurs, rangements...


Au domicile:

prévisibilité;

PAS DE SURCHARGES,

ni cognitive

ni sensorielle

ni relationnelle ou sociale.

+ Connaissance du terrain

et de l'intervenante.


Que du bonheur en fait.


J'ai choisis de donner la vie

dans une piscine,

spéciale pour accoucher à la maison,

dans l'eau chaude, et sans péridurale.

(à savoir: n'étant pas médecin, elle n'est pas habilitée pour l'anesthésie, la péridurale étant un geste médical réservé aux seuls médecins).


Ma sage-femme du domicile m'avait tellement bien formée que j'ai pu ainsi traverser la douleur de l'enfantement naturellement. La pure douleur est au-delà de l'imaginable, mais comme elle me l'avait appris, et comme je l'ai découvert par moi-même, elle ne dure pas longtemps. Et ensuite, lorsque l'on a la chance de vivre un accouchement naturel, il s'ensuit une déflagration "atomique" d'hormones, d'ocytocine dans le corps, le cerveau, partout.


C'est un moment d'une intensité incroyable,

du pur bonheur, absolu, intense, immense,

et d'une puissance phénoménale inimaginable.


Le plus beau moment de ma vie !


Il ne me reste plus qu'à faire l'éloge

de cette merveilleuse sage-femme

qui m'a permis de vivre


le meilleur moment de ma vie:


mon accouchement à domicile.


Mais aussi, une fois n'est pas coutume,

voici un petit coup de sain narcissisme:

cet accouchement-maison a été

une immense victoire pour moi,

un évènement qui m'a donné

une force intérieure incommensurable,

dans les bras de mon mari,

avec BB2 dans mes bras.


Ma victoire:

la force

de la VIE.


  :-)


Wangmo

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DEMANDE DU TEMPS,

DEMANDE DU SILENCE,

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